Démarche

Le caractère réaliste de mes toiles est l’héritage de l’étude approfondie de grands peintres et courants artistiques, entre une licence d’histoire de l’art et une fréquentation de musées. Le surréalisme de Dali et de Magritte nourrit mon imaginaire, alors que le néoclassicisme d’Ingres et de David laisse sur mes toiles un côté lisse, propre et immaculé. L’influence d’artistes contemporains comme Hayao Miyazaki et Lewis Carroll, couplée à six ans de thèse en archéologie, m’a également apporté un goût pour le fantastique, les mythes et les légendes.

La problématique difficile de la cohabitation est au cœur de la représentation. L’être humain et la nature ne font qu’un tandis que les femmes, aux allures romantiques, hybrides et fantaisistes, s’émancipent et tentent de vivre pleinement avec leur corps, la société et leur environnement. La question de la cohabitation entre l’Histoire, les cultures, les religions et, une nouvelle fois encore, entre l’urbanisation et la nature, est au coeur d’une série de toiles faites de personnification de villes que j’ai visitées. 

 Les figures sur mes toiles sont représentées sur un fond uni, la plupart du temps noir, pour éviter toute assise spatio-temporelle. Des pages de livres remplacent la peau des personnages, créant un contraste selon l’ancienneté de l’ouvrage. Le choix de pages de roman n’est pas anodin : la littérature est une chose immortelle, qui se transmet à travers le temps et l’espace. Elle permet à mes héroïnes de combattre la mort, d’accéder à la postérité mais évoque également la cohabitation entre les différents types d’art : peinture et littérature. Lors de certaines expositions, la photographie s’invite entre les toiles pour compléter ce fil conducteur qu’est la cohabition.